« Bio Maroc, nous consommons
Santé et environnement, nous préservons
Produits Bio, au Maroc nous développons ! »

S’il était difficile de s’alimenter en produits issus de l’agriculture biologique jusqu’à récemment, les fruits et légumes Bio, en particulier, deviennent disponibles pour les consommateurs. A travers les magasins spécialisés, les grandes surfaces, les paniers ou directement chez le producteur, le client a commencé à trouver une offre relativement diversifiée et régulière. Il a fallu une dizaine d’années pour créer ce nouveau secteur de l’agro-alimentaire, une niche en évolution, quasiment sans soutien de l’Etat, là où l’agro-industrie a mis plus de 50 ans à mettre en place des chaines de valeur modernes, des terrains agricoles aux points de vente, là où l’Etat et les opérateurs ont investi drastiquement et là où un ensemble considérable de facilités ont été consentis. La résultante est que les circuits de distribution nationaux et aussi d’importation depuis l’Europe et l’Afrique approvisionnent régulièrement et sans relâche les multiples marchés de produits conventionnels, avec des volumes impressionnants, pour une population qui a pris l’habitude d’accéder facilement à une offre consistante aux quatre coins du pays, et ailleurs bien sûr. Clairement, aujourd’hui, il n’y a encore aucune comparaison à faire en terme d’ordre de grandeur et d’accessibilité entre la filière biologique et la filière conventionnelle. Mais, de l ‘avis de beaucoup d’observateurs, l’avenir appartient au Bio et est prometteur pour le Maroc.

Pendant que l’agriculture dite moderne se développait et permettait de nourrir une population en demande croissante et de faire face également aux challenges de l’export et des déficits de la balance commerciale, des voix discordantes se sont levées pour dénoncer les dégâts des produits chimiques (inhérents à l’agriculture conventionnelle) sur les sols, l’eau, l’air, la biodiversité et bien sûr sur la santé des consommateurs. Actuellement, les mouvements en faveur du Bio se sont structurés et leurs voix portent plus loin et plus fort ; moins nombreuses sont les institutions et les personnes qui remettent en cause les plaidoyers sur le choix du Bio plus favorable à l’environnement local, à la réduction des gaz à effet de serre, à l’atténuation des changements climatiques. Les recherches mettent aussi de plus en plus en évidence l’impact des pesticides et des perturbateurs endocriniens sur les communautés et les atouts du Bio pour la santé. Par ailleurs, les principes de rendement et de productivité ne sont plus aussi convaincants ; les agriculteurs prennent conscience de ces schémas qui atteignent leurs limites ; ce qui les pousseraient à se convertir au Bio si seulement les conditions étaient favorables et le cycle production-transformation-distribution-export réellement attractif.

Depuis la fin des années 80, malgré l’absence de soutiens, certains opérateurs se sont lancés dans la filière biologique, la plupart par passion pour « la cause du Bio » et pour l’export vers l’Europe : des agriculteurs, des transformateurs, des exportateurs et des distributeurs. Depuis une dizaine d’années, les initiatives individuelles ont commencé à converger. Les associations professionnelles ont connu un élan de regroupement et d’échanges entre professionnels, encouragées par le contrat-programme avec le Ministère de l’Agriculture ; des réseaux de distribution se sont structurés et ont rationalisé l’offre aux consommateurs et aux points de vente qui se multiplient. Pas à pas, les opérateurs se sont intéressés à toute la chaine de valeur en vue de structurer la filière, avec une perspective privée, de l’amont à l’aval, et de rechercher les niches de développement (thés et tisanes, spiruline et compléments alimentaires, cosmétique, baies de Goji et fruits exotiques, huiles, etc.), toujours par passion et pour un retour sur investissement. Le plan « Génération Green » lancé en 2020 vient à point nommé inscrire le Bio dans une ambition nationale forte, cristalliser le grand potentiel de cette filière et libérer les énergies. Le Maroc a tout intérêt à concrétiser rapidement la mise en place de ce secteur avec des objectifs et indicateurs élevés et crédibles, afin d’attirer les investissements et les grands opérateurs agricoles, stimuler l’innovation dans les produits transformés, multiplier les canaux de distribution, devenir une plateforme pour l’Europe et faire le pont avec l’Afrique. Les entrepreneurs Bio sont plus que jamais prêts à jouer leur rôle aux cotés du secteur public, pour convertir l’ambition Green Génération en projets et axes de développement sur le terrain, pour un Maroc de plus en plus Bio, notamment pendant cette décennie 2020-2030, si décisive pour le nouveau modèle de développement du pays.

Slim Kabbaj
Club des Entrepreneurs Bio (CEBio)

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